Raphaël, un compte rendu (V. Ponzetto)

 «Studi francesi», fondata da Franco Simone nel 1957, è la più antica e prestigiosa rivista italiana di studi sulla letteratura francese. Pubblica studi storici e critici, testi e documenti inediti finalizzati a una conoscenza sempre più approfondita della civiltà letteraria francese e al rinnovamento delle prospettive critiche.

 

Il comitato scientifico internazionale è composto da specialisti delle varie discipline della Francesistica; prima di essere accettati, gli articoli proposti per la pubblicazione sono sottoposti anonimamente a una doppia lettura di esperti riconosciuti.

 

In ognuno dei tre fascicoli annuali, inoltre, la fondamentale sezione bibliografica fornisce una rassegna il più possibile ampia e approfondita dei contributi pubblicati a livello internazionale in tutti i campi e i periodi della disciplina, comprese le letterature francofone, dalle origini fino ai nostri giorni.

 

 

 

Rassegna bibliografica

Ottocento a) dal 1800 al 1850

Alphonse de Lamartine, Raphaël

 

Valentina Ponzetto

p. 163-164

Notizia bibliografica:

Alphonse de Lamartine, Raphaël, éd. Aurélie Loiseleur, Paris, Gallimard, «Folio classique», 2011, pp. 336.

 

 

  

Raphaël, sous-titré significativement «pages de la vingtième année», est un roman ouvertement autobiographique et en même temps largement fictionnalisé, «à moitié vrai, à moitié faux», comme l’admettait Lamartine lui-même avec une pointe de regret dans l’un de ses Cours familiers de littérature. En 1848, le poète, homme déjà mûr et engagé en politique, y reprend l’événement fondateur de sa vie artistique et amoureuse: sa rencontre aux eaux d’Aix-les-bains, en septembre 1816, avec Julie Charles, l’Elvire des Méditations, et la brève idylle de leurs amours, désormais devenues légendaires. Si Julie garde ici son prénom, le poète se cache derrière l’identité factice de Raphaël, un double imaginaire qui renoncera à la carrière poétique et terminera ses jours pauvre et inconnu au fond de sa province natale.

 

2 Dans cette belle édition, Aurélie Loiseleur s’attache à démêler les enjeux de ce texte double, «oscillant entre réalité et fiction, entre roman et poésie» (p. 21). Sans indulgence comme sans parti pris, elle reconstruit le travail de transposition des faits réels à la fiction, entre reprises fidèles et changements subtils, qu’illustre aussi de manière synthétique un double tableau chronologique extrêmement clair et utile, publié en fin de volume («Dossier»). Outre le destin du protagoniste / narrateur, le changement principal concerne sa relation avec la femme aimée, relation qui dans le roman devient éthérée, platonique, purement spirituelle. De violents débats ont autrefois divisé les lamartiniens au sujet de cette fable de la chasteté, qui fit beaucoup sourire, mais que certains s’obstinaient à considérer comme une vérité autobiographique jusqu’à la publication par René Doumic, en1905, des quatre seules lettres de Julie Charles à Lamartine ayant échappé à la destruction et reproduites en annexe parmi d’autres documents.

 

Au-delà de ces querelles d’un autre temps, qu’elle évoque brièvement, A. Loiseleur s’interroge plutôt sur la signification des mensonges romanesques choisis par Lamartine. Ainsi, la relation platonique entre les amants répond au besoin d’autocensure d’un Lamartine écrivant sous l’œil de sa famille et soucieux de préserver la réputation de son ancienne maîtresse, mais aussi au désir d’idéaliser Julie, la rendant l’objet d’un amour proche du culte, sorte d’«amour de loin» aux résonances moyenâgeuses. D’autre part, faire de Raphaël un poète en puissance, dont la fibre poétique est réveillée par l’amour mais qui ne publiera jamais d’ouvrage, est une manière de «récuser à travers son prête-nom l’image stéréotypée du poète maître de son discours» (p. 20) pour adopter une langue nouvelle, plus brûlante et plus vraie, débarrassée du carcan de la rhétorique. Avec la sensibilité et la plume du poète qu’elle est, A. Loiseleur met en avant la nature éminemment poétique de ce court roman, véritable épure qui «se pense» et «s’écrit comme un poème» (p. 21), et, dans la droite ligne des Méditations, esquisse un retour aux sources de la poésie lamartinienne.

 

4 Les riches «Annexes» présentent les documents réels qui nourrissent l’intrigue romanesque: la correspondance qui se rapporte à la liaison entre Lamartine et Julie Charles, trois poèmes de Lamartine directement ou indirectement évoqués dans le roman («Invocation», «Ode à M. de Bonald», «Le Lac»), une ballade populaire chantée par Julie et un extrait d’un Cours familier de littérature où le poète évoque encore une fois cet amour de jeunesse pour vanter la supériorité «de l’amour spiritualiste sur l’amour sensuel».

 

 

 

 

Notizia bibliografica

 

Valentina Ponzetto, « Alphonse de Lamartine, Raphaël », Studi Francesi, 166 (I | LVI) | 2012, 163-164.