Hélène en Egypte/ Hélène, 2.

 

 

 

 

 

1.

 

 

Dans l'Hélène d'Euripide, comme on sait, Hélène n'est jamais allée à Troie1. Quand Pâris est reparti pour Sparte, croyant emmener avec lui la femme de Ménélas, il était victime d'une illusion : Héra avait enlevé Hélène, l'avait envoyée en Egypte, la remplaçant in loco par une fausse, une créature de brouillard. Dans Euripide, dès le prologue, on trouve donc l'héroïne au bord de la mer, non loin de l'embouchure du Nil . « Ce beau fleuve, dit-elle au tout premier vers de la pièce, est le Nil aux eaux pures2 ». Le fleuve que montrait Hélène, il n'était visible que par les yeux de l'imagination. Il n'y avait probablement pas de décor peint ;  le décor se limitait à la porte du palais royal ; et au tombeau du roi Protée, sur lequel Hélène était réfugiée, juchée, pour se mettre à l'abri du désir du roi, fils de Protée, Théoclymène.

Le théâtre tragique représentait des histoires et des personnages connus du public. Quand Hélène évoquait sa mère Léda, et ses deux pères, Tyndare et Zeus, elle rappelait ce que tous savaient. Mais Hélène dédoublée, c'est une variante surprenante, au moins pour nous ; l'était-elle pour les spectateurs athéniens, en 412 avant notre ère ? Qu'Euripide ait choisi cette variante, écrit Jacqueline Assaël3, « n'était pas innocent ». Et de rappeler la mauvaise réputation du dramaturge, frotté de sophistique, négateur sournois des croyances et des valeurs. Ne voulait-il pas, cette fois encore, désorienter son public, produire chez les Athéniens un choc philosophique ? « Cette invention poétique, écrit-elle, [établissait] l'innocence du personnage et [dénonçait] l'absurdité de la guerre de Troie » ; plus généralement, elle remettait en question tous les mythes sur lesquels se fondait l'histoire des cités grecques, toutes les histoires qu'on pouvait raconter, même dans la vie quotidienne ; elle jetait un doute sur la possibilité même de la vérité. Au delà même d'Hélène, concluait Jacqueline Assaël, « pour Euripide, la réalité n'est qu'apparence. La vérité semble toujours ailleurs, inaccessible. Toute sa dramaturgie sert un sentiment du tragique très intellectualisé. Hélène met en scène la tragédie de la connaissance. »





2.



Il est de fait qu'Euripide a choisi de mettre en scène une variante qui surprend le lecteur moderne ; et l'on peut légitimement se demander pourquoi. En même temps, cette variante, à la fin du cinquième siècle avant notre ère, n'était pas une nouveauté. Elle se trouve dans Hérodote4, à côté de la version traditionnelle, homérique, d'une Hélène enlevée par Pâris et présente à Troie ; qu'Hélène n'ait pas été à Troie mais en Egypte, c'est d'ailleurs la possibilité qui paraît, à Hérodote, la plus vraisemblable : Priam n'était pas idiot, si Hélène avait été à Troie, il l'aurait rendue à son mari : quelle absurdité, que deux peuples s'entretuent pour une femme infidèle ! Euripide connaissait aussi la légende de la Palinodie de Stésichore : lequel ayant raconté la version traditionnelle, Hélène suivant son séducteur à Troie, serait devenu aveugle ; il n'aurait recouvré la vue qu'après avoir innocenté Hélène : elle n'était nulle part ailleurs qu'en Egypte. Cette légende sera évoquée trois fois par Platon, en particulier dans son Phèdre5.

Il faut remarquer pourtant qu'Euripide lui même a pratiqué les deux versions ; il a choisi la version traditionnelle pour deux pièces au moins qui nous restent de lui : dans Oreste, Hélène revient de Troie avec Ménélas ; elle n'ose mettre le nez dehors, crainte de la haine des populations ; à la fin, elle est assassinée et transfigurée, devenant étoile ; dans les Troyennes, la scène est à Troie prise par les Grecs ; Ménélas y retrouve sa femme, que la reine Hécube lui conseille de tuer ; Hélène se justifie, et ce n'est pas une créature faite de brume, un eidolon...

Hélène restée en Egypte, l'expédition de Troie en était-elle plus absurde ? Comme on l'a vu dans Hérodote, l'idée que la guerre ait pu avoir lieu pour que Ménélas retrouve sa femme infidèle, au prix même de milliers de morts, était déjà suffisamment choquante ; c'est cette finalité qui faisait d'Hélène un objet de haine pour toute la Grèce, dans toutes les pièces d'Euripide qui tournent autour de la guerre de Troie. Ainsi Clytemnestre abominant Agammnon d'avoir sacrifié sa fille Iphigénie pour que son beau-frère retrouve sa sœur Hélène ! Qu'Hélène n'ait été peut-être qu'une illusion, un nom et un néant, ne changeait pas essentiellement les choses, ne faisait pas disparaître le mystère : pourquoi avait-on fait la guerre ? Dire qu'Hélène ne fut qu'une occasion ou un prétexte, que les Grecs se battirent ou crurent se battre pour reprendre Hélène, que ce fut pour une fin qu'ils ne soupçonnaient pas, et que la cause réelle, pour Euripide, fut dans la volonté des dieux, n'aide pas beaucoup ; que cherchaient donc les dieux ?

Hélène elle-même propose une réponse : on se battit, dit-elle, « pour soulager notre mère la Terre / du fardeau des mortels qui allaient se multipliant ». Euripide a repris cette idée dans Oreste, avec la version opposée, ordinaire, de l'histoire d'Hélène : « Car les dieux n'ont voulu qu'Hélène fût si belle/ que pour mettre en conflit les Grecs et les Troyens/ et par leur carnage alléger la terre/ des mortels trops nombreux qui la gênaient. Son rôle est donc fini ». C'est Apollon qui parle. Il a sauvé Hélène, toute coupable qu'elle paraisse, en fait innocente, parce que tout a été voulu par Zeus, qui a fait d'Hélène son instrument. (Et Hélène pouvait-elle mourir ? « Car la fille de Zeus, dit Apollon, doit être immortelle ».) Là encore, ce n'est pas Euripide qui a inventé cette étiologie malthusianiste de la guerre de Troie ; elle apparaît avant même Homère, dans les Chants cypriens6 : à l'origine, il y a la déesse Gê, la Terre, se plaignant à Zeus, du trop grand nombre des humains, de leur impiété ; Zeus suscite alors deux unions qui allègeront le fardeau de la terre, le mariage de Thétis et Pelée, et Achille qui en naîtra ; et sa propre union avec Némésis, l'une des deux mères d'Hélène. Hélène et Achille sont ainsi prédestinés l'un à l'autre7.

D'autres raisons divines se trouvent encore ça et là dans Euripide de la guerre de Troie : permettre aux héros d'inscrire leurs exploits dans l'histoire ; (« Et aussi pour donner la gloire au plus brave des Grecs ») ; donner aux poètes l'occasion d'écrire de belles histoires. Qu'Hélène eût été à Troie ou seulement son fantôme, il importait peu ; la pièce d'Euripide ne bouleversait pas à ce point le public rassemblé dans le théâtre de Dionysos.





3.



Mais ne faut-il pas aller plus profond, l'Hélène d'Euripide n'est-elle pas un texte crypté, le manifeste d'un dissident ?   «  F. Jouan, écrit Jacqueline Assaël, rappelle la faveur dans laquelle la légende d'Hélène est tenue chez les sophistes. » C'était, l'histoire d'Hélène, parmi ceux-ci, « un sujet à l'ordre du jour », avec toutes sortes de possibilités dialectiques. Et encore : « F. Jouan rapproche l'attitude du poète des démarches philosophiques qui lui sont contemporaines. Il écrit : «Euripide est le témoin d'une époque au cours de laquelle l'attitude à l'égard des mythes s'est profondément modifiée. Les sophistes ont poussé l'analyse et la critique des traditions légendaires beaucoup plus loin qu'on ne l'avait fait jusqu'alors. En partie sous leur influence, mais suivant aussi la pente naturelle de son esprit, dans le même moment où [Euripide ?] met en scène les légendes épiques, il lui arrive d'exprimer des doutes sur leur réalité ».

Et enfin : « Le personnage d'Hélène a intéressé Gorgias. Il en a composé un Eloge tout aussi inattendu que la réhabilitation à laquelle se livre Euripide. Gorgias, en effet, dans ce plaidoyer, permet à Hélène de démontrer son innocence. Elle renverse les arguments qui l'accablent traditionnellement et elle conteste les traits de caractère qui lui sont couramment attribués : coquetterie, versatilité etc. Mais si le sophiste accepte de revoir la psychologie du personnage, il admet sans réticence la légende de l'enlèvement. Euripide ne reçoit pas même le récit des événements comme un acquis8. » Dans le nihilisme, Euripide serait donc allé plus loin que les sophistes.

Une telle approche méconnaît le caractère le plus évident de l'Hélène d'Euripide : c'est d'être, comme Iphigénie en Tauride dont elle est proche, même dans le temps, une pièce de bout en bout comique, avec des allures exotiques, comme une sorte d'aventure dans les îles. Rien n'y est tragique ; si Aristote n'avait mis Euripide au nombre des Tragiques, et d'abord séparé le théâtre tragique du comique comme le ciel de la terre, personne ne chercherait dans Hélène autre chose qu'un divertissement annonçant Ménandre et la Comédie nouvelle, et plus tard encore nos comédies américaines.

Hélène est un personnage purement comique. Dans toutes les autres pièces d'Euripide, sa seule évocation suscite la haine générale : incarnation de la nature perverse des femmes, elle est responsable de toutes les morts de la guerre. Dans Hélène, c'est l'héroïne elle-même qui se dédoublant, prend à son compte la colère de tous. Dès le prologue, Hélène voit venir l'un des guerriers de Troie, Teucros, frère d'Ajax. Il faisait partie de la flotte grecque rentrant chez elle, une tempête a séparé les bateaux les uns des autres, on a perdu Ménélas. Lui-même, qui semble tout seul sorti du néant, a soudain devant lui celle que la Grèce entière déteste, et lui en particulier, dont le frère, et beaucoup d'amis, sont morts à cause d'elle sous les murs de Troie ; ce ne peut être, pense-t-il, que ressemblance : Hélène n'est-elle pas quelque part au loin avec Ménélas ? Son premier mouvement, comique, est pourtant de haine. « Que les dieux, pour ta ressemblance avec Hélène, te vomissent ! » Hélène quant à elle se garde bien de lui dire ce qu'il en est. Sans doute, elle le sait, ressemble-t-elle à la célèbre Hélène ; mais … « As-tu le droit, qui que tu sois, pauvre homme, (lui dit-elle), de détourner de moi / ta face avec horreur, à cause des malheurs d'une autre? » Et Teucros de s'excuser. Mais Hélène : « Ah ! Misérable Hélène, pour toi les Troyens ont péri ! » Non seulement elle n'est pas Hélène, elle déteste Hélène autant que Teucros, elle est d'accord entièrement avec lui, avec la Grèce entière exécrant Hélène. En même temps, elle ne renie pas ce qu'elle disait dans le Prologue : c'est bien son nom, son extraordinaire beauté, elle donc en quelque façon, qui ont suscité la guerre de Troie. Quant au public, plutôt que de s'épouvanter de voir s'écrouler ses certitudes, il devait s'amuser dès le début de la pièce d'un changement si inattendu, Hélène dans Euripide devenue parangon de fidélité conjugale. Il devait aussi être charmé par la féminité d'Hélène, par sa vivacité, son intelligence un peu sceptique : ainsi quand elle évoque Zeus, son père divin, poursuivant Léda sous la forme d'un cygne. La chose lui paraît plus que douteuse9.





4.

 

Euripide aimait les livres, il possédait une vaste bibliothèque ; certains disaient qu'il était allé écouter Héraclite, qu'il était l'ami d'Anaxagore ; il fréquentait les sophistes. Faut-il dire pourtant qu'il ait voulu, dans Hélène, transposer une réflexion philosophique préexistante ; que son théâtre ait eu une visée philosophique, comme d'ébranler des certitudes communes, l'idée qu'une connaissance est possible ; qu'il ait voulu faire douter des mythes, que les Athéniens considéraient comme parole de vérité, et de tout ce qu'on peut dire et croire ; et qu'Hélènedonc, avec peut-être aussi tout le théâtre d'Euripide, serait l'école du scepticisme, voire de l'athéisme ? La rumeur en courait déjà au cinquième siècle, comme on voit à lire Aristophane.

 

Il est de fait qu'on peut trouver dans Hélène, dans la première partie de la pièce, de quoi convoquer philosophes et sophistes ; une question bien abstraite comme : que dire de la connaissance par les sens ?

Teucros n'était pas là par hasard. Il cherchait Théonoé, la prêtresse, « pour savoir où trouver le vent qui poussera sa voile », vers Chypre où, d'après un oracle d'Apollon, il aurait son lieu. « Tu trouveras ta route en naviguant, étranger, / [lui dit Hélène]. Ne reste pas ici ! » Exit Teucer.

Là dessus survient Ménélas, ayant fait naufrage sur les côtes de l’Egypte ; il revient de Troie, accompagné de celle qu’il croit être Hélène sa femme ; il l'a laissée dans une caverne, à quelque distance de là, ainsi que ses matelots. Il ne rencontre pas tout de suite la vraie Hélène, réfugiée sur le tombeau de Protée ; une vieille femme, la portière du palais, lui conseille de passer au large ; il risque sa peau, le fils de Protée en veut aux Grecs, à cause d'Hélène de Sparte, fille à la fois de Zeus et de Tyndare, qui se refuse à lui, le roi, parce qu'elle a la nostalgie de son mari. Et Ménélas est saisi par l'angoisse d'une multiplicité impensable. « Je ne sais plus que croire, se dit-il. […] « Tandis que j'amène de Troie celle que j'y ai reconquise,/ ma femme, et la tiens gardée dans une caverne,/ une autre, qui porte le même nom, réside ici ! » Sans doute, se dit-il, bien des gens portent le même nom ; mais Zeus, Sparte, Tyndare, chacun de ces noms ne peut avoir qu'un seul signifiant réel, être vivant ou ville. « Il n'y a qu'un seul Zeus ! » « Le nom de Tyndare désigne un homme unique ! »

Mais voici que paraît une femme ; et Ménélas à son tour est saisi par la ressemblance de l'inconnue avec Hélène, sa femme. Hélène reconnaît instantanément son mari ; Ménélas ne peut aller au delà de la ressemblance ; puisque Hélène ne peut se trouver devant lui, cette femme ne peut être Hélène.

Hélène : « Regarde-moi. Ne vois-tu pas bien que je suis ta femme ? - Ménélas. Tu es pareille à elle. Mais l'évidence est contre toi. » Hélène. « Vois. Que veux-tu de plus ? Qui mieux que toi peux me reconnaître ? ». Ménélas. « Tu lui ressembles. Cela je ne puis le nier. » Hélène. « Et qui t'enseignera, mieux que tes propres yeux ? ». Ménélas. « Ce qui dérange tout, c'est que j'ai une autre femme ».

De fait, Hélène ne peut se trouver en même temps en deux endroits, sur le tombeau de Protée et dans la caverne marine. Il faudrait que Ménélas choisisse entre une certitude venue des sens, une parfaite ressemblance, et la certitude qui vient de l'intellect, une identité impossible. L'explication que lui fournit Hélène ne l'aide guère : « Ce n'est pas moi qui suis allée à Troie, dit-elle, c'est un fantôme ». Ce qui doit vérifier le témoignage des sens peut-il être un conte de fées ? Ménélas va donc planter là sa femme ; survient alors l'un de ses soldats : l'autre Hélène, celle de la grotte, l'Hélène de brume, s'est envolée ; elle était donc fausse. « C'était donc vrai, dit Ménélas, le récit confirme ce qu'elle a dit ». Les deux époux tombent dans les bras l'un de l'autre, et suit un dialogue amoureux hilarant.

 

On peut dire évidemment qu'il y a là, de la part d'Euripide, une sorte de problème épistémologique ; Ménélas distingue très clairement ce qui est de l'ordre de la ressemblance, c'est-à-dire du sensible, et ce qui appartient au jugement, l'identité et la différence. On est pourtant très loin de ce qui sera, au siècle suivant, la philosophie, une entreprise méthodique de connaissance abstraite ; on est au contraire très près, deux siècles plus tard, des Ménechmes et d'Amphitryon, eux-mêmes peut-être adaptés du théâtre comique grec10. Sosie rencontrant son double sous la forme de Mercure doit se persuader que l'autre, tout identique qu'il paraisse, ne peut être lui, Sosie ; quant aux Ménechmes, leur ressemblance absolue perturbe les autres personnages de la pièce comme celle des deux Hélènes perturbe Teucros et Ménélas, forçant ceux-ci à un choix impossible entre le témoignage des sens et le jugement raisonnable. Dans Euripide comme dans Plaute, c'est l'effet comique qui est recherché, la sidération de se trouver dans une situation qui échappe à toute compréhension, une perplexité tournant à l'angoisse. On est au théâtre, non dans un e école de sophistes ; il n'est d'ailleurs pas impossible que le plaisir, au théâtre, procuré par de telles situations n'ait rencontré, au prétoire et aussi chez les rhéteurs, le plaisir des plaidoiries subtiles.

 

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1. C'est là que la situe Hérodote : « à l'endroit du pays qu'on appelle aujourd'hui la bouche canopique du Nil », Hist. II, 113. Neilou men haïde kalliparthenoï rhoaï. Kalliparthenoï rhoaï, c'est : les belles vierges de l'eau qui court. Je ne sais pourquoi Marie Delcourt a supprimé ces jeunes filles peuplant le Nil, des nymphes peut-être.

2Euripide, Hélène, v. 1, p. 394 de la trad. de Marie Delcourt.

3 Assael Jacqueline. Les transformations du mythe dans l'Hélène d'Euripide. In: Pallas, 33/1987.

4Sur tout cela, et sur la pièce même d'Euripide, voir Claude Calame, Qu'est-ce que la mythologie grecque, Gallimard, Paris 2015.

5Pour certains érudits, le poème de Stésichore intitulé Palinodie n'a jamais existé, les vers qu'en cite Socrate sont un faux de Platon, comme le discours de Lysias qui apparaît dans le même dialogue. Dans un article intéressant de Marcel Detienne, que ne cite pas Claude Calame, la légende de la Palinodie de Stésichore (sinon le poème lui-même), et peut-être la version égyptienne de l'histoire d'Hélène, s'inscrivent dans l'entreprise pythagoricienne de censure et de moralisation de l'oeuvre d'Homère. (Marcel Detienne, La légende pythagoricienne d'Hélène. In: Revue de l'histoire des religions, 1957).

    6Claude Calame, op. cit. p. 238. Et voir Roberto Calasso, les noces de Cadmos et d'Harmonie, passim.

7Detienne, op. cit. Chez les pythagoriciens, Hélène abandonne Ménélas pour Achille ; tous deux vivent éternellement sur la lune, dont Hélène (= Séléné) est descendue, dans un œuf disent certains, celui que Léda crut pondre.

       8Sur l'éloge d'Hélène par Gorgias, voir G. Calame, op. cit.

9Hélène a un doute sur un Zeus-cygne engrossant sa mère Léda ; mais elle raconte comme indubitable comment Héra a créé une Hélène de brume, comment elle a été transportée en Egypte par la voie des airs. Tout le monde savait bien que les deux récits étaient des contes.

 

10Voir mon blog sur Plaute et Shakespeare ; et sur Plaute, H. L., L'invention du théâtre et autre fictions, éd. Conférence, 2019. Marie Delcourt elle aussi rapproche une page de cette Hélène des dialogues de Plaute, sans dire qu'il y a peut-être filiation.